<\/span><\/h2>\n\n\n\nLa construction de la Manufacture royale d'armes d'Eugi<\/strong> L'histoire de la forge d'Eugi remonte \u00e0 1766, sous le r\u00e8gne de Charles III, bien qu'il y ait d\u00e9j\u00e0 eu deux autres forges en activit\u00e9 dans la r\u00e9gion, \u00e0 Olaondoa, aujourd'hui sous les eaux du barrage, et \u00e0 Olazar, au confluent du ruisseau Artesiaga et de la rivi\u00e8re Arga, \u00e9galement connues sous le nom de \"f\u00e1brica de arriba\" et de \"f\u00e1brica de abajo\". On sait \u00e9galement que des forges existaient \u00e0 Eugi bien avant, la premi\u00e8re en 1410, la forge d'Orrerarri. Les raisons en sont : un grand massif forestier pour faire du charbon de bois, une mine de fer et une rivi\u00e8re capable de d\u00e9placer les machines.<\/p>\n\n\n\nLe site de cette nouvelle usine \u00e9tait situ\u00e9 plus haut que les deux pr\u00e9c\u00e9dentes, dans la zone d'Olaberri, pr\u00e8s de la rivi\u00e8re Arga. Le concept de la nouvelle usine \u00e9tait pionnier en son genre et se basait sur les nouveaux syst\u00e8mes de production en cha\u00eene de la r\u00e9volution industrielle, ce qui n\u00e9cessitait une conception architecturale avec une grande coordination entre toutes les installations. Au total, le nouveau village-usine occupait 10 000 m\u00e8tres carr\u00e9s et pouvait accueillir une population de 500 personnes.<\/p>\n\n\n\n
Son activit\u00e9 principale \u00e9tait centr\u00e9e sur la fabrication de boulets de canon de diff\u00e9rents calibres pour l'arm\u00e9e espagnole. La partie consacr\u00e9e \u00e0 la fabrication comprenait deux fours, des ateliers d'affinage et de moulage, une menuiserie, deux grandes soutes \u00e0 charbon et huit arcs en pierre de taille au-dessus de la rivi\u00e8re o\u00f9 \u00e9taient plac\u00e9es les roues hydrauliques qui actionnaient les soufflets et les v\u00e9rins \u00e0 vis. D'autre part, il y avait la partie destin\u00e9e \u00e0 la population, qui comprenait des logements pour les ouvriers, des \u00e9curies, une maison-palais et une chapelle, entre autres.<\/p>\n\n\n\n
La fin de son activit\u00e9 est brutale, le 17 octobre 1794, lorsqu'elle est d\u00e9truite par les troupes de la France r\u00e9volutionnaire pendant la guerre de la Convention, apr\u00e8s une bataille au cours de laquelle 200 personnes sont tu\u00e9es et 700 faites prisonni\u00e8res. Elle ne sera plus jamais utilis\u00e9e et, d\u00e8s lors, la v\u00e9g\u00e9tation s'empare de l'usine jusqu'\u00e0 ce qu'elle soit pratiquement engloutie. Apr\u00e8s plus de 200 ans d'abandon, les travaux de r\u00e9cup\u00e9ration entam\u00e9s en 2012 ont permis de mettre en lumi\u00e8re ce lieu, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le plus ancien vestige d'une activit\u00e9 purement industrielle en Navarre, et en 2016, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 Bien d'int\u00e9r\u00eat culturel.<\/p>\n\n\n\n