{"id":50869,"date":"2025-08-05T09:59:38","date_gmt":"2025-08-05T07:59:38","guid":{"rendered":"https:\/\/travesiapirenaica.com\/?p=50869"},"modified":"2025-08-06T09:03:41","modified_gmt":"2025-08-06T07:03:41","slug":"balistique-deux-siecles-apres-la-premiere-ascension","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/travesiapirenaica.com\/fr\/balaitous-dos-siglos-de-la-primera-ascension\/","title":{"rendered":"Balaitous : deux si\u00e8cles depuis la premi\u00e8re ascension."},"content":{"rendered":"<p>Ce 6 ao\u00fbt 2025 marque pas moins de deux cents ans depuis la premi\u00e8re ascension du Balaitous, premier grand sommet pyr\u00e9n\u00e9en \u00e0 d\u00e9passer les trois mille m\u00e8tres sur le versant occidental. Ses protagonistes \u00e9taient deux g\u00e9od\u00e9siens, officiers de l'arm\u00e9e fran\u00e7aise, <strong>Pierre-Eug\u00e8ne-F\u00e9licien Peytier<\/strong> y <strong>Paul Michel Hossard<\/strong>Les g\u00e9om\u00e8tres frontaliers espagnols \u00e9taient charg\u00e9s d'effectuer des travaux topographiques \u00e0 la fronti\u00e8re avec l'Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux autres premi\u00e8res ascensions des grands sommets pyr\u00e9n\u00e9ens, l'ascension du Balaitous par Peytier et Hossard n'avait aucun but sportif, aucun d\u00e9sir de gloire et aucune reconnaissance. Ainsi, les notes de leurs aventures sur la \"montagne pyr\u00e9n\u00e9enne\" sont rest\u00e9es cach\u00e9es pendant plus de 70 ans, jusqu'en 1898, date \u00e0 laquelle l'historien et bibliophile Henri Beraldi a retrouv\u00e9 les documents originaux et a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la v\u00e9ritable dimension de ce voyage. Le r\u00e9cit, contenu dans les carnets de campagne et les rapports du Service G\u00e9ographique de l'Arm\u00e9e, est \u00e9crit sur un ton strictement technique, sans drame ni \u00e9pop\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Premi\u00e8re tentative : \u00e0 Palas par erreur.<\/h2>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re tentative d'acc\u00e8s au sommet a eu lieu le 16 juillet 1825, depuis le lac d'Artouste. Il s'agit de la premi\u00e8re ascension document\u00e9e du \"Castillo de los Moros\" ou \"Cuje la Palas\", c'est-\u00e0-dire l'actuel Palas (2 974 m). L'ascension s'est probablement faite par l'ar\u00eate qui tombe au nord et que l'on appelle aujourd'hui, par co\u00efncidence, \"Arista de los geodesicos\" (ar\u00eate des g\u00e9od\u00e9siques).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Deuxi\u00e8me tentative.<\/h2>\n\n\n\n<p>Conscients de leur erreur, nos deux officiers reviendront le lendemain, cette fois sur le vrai Balaitous. Ils parviennent \u00e0 atteindre le d\u00e9part d'une ar\u00eate qu'ils jugent trop dangereuse. Il s'agit probablement de l'ar\u00eate Packe Russel (PD+), la deuxi\u00e8me voie ouverte sur le Balaitous en 1865 par Charles Packe et Gaspard d'Arrens, la quatri\u00e8me ascension absolue de la montagne. Ce qui est curieux, c'est qu'ils croyaient faire l'ascension d'un sommet vierge, mais en arrivant au sommet, ils ont trouv\u00e9 les restes de la grande tourelle en pierre que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs avaient \u00e9rig\u00e9e 40 ans plus t\u00f4t, ainsi que les restes du mat\u00e9riel abandonn\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La troisi\u00e8me fois est la bonne.<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour en revenir \u00e0 nos protagonistes, apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 l'ar\u00eate ouest, Peytier et Hossard se dirigent vers la vall\u00e9e de l'Az\u00fan pour y faire une nouvelle tentative. Le 6 ao\u00fbt 1825, ils parvinrent \u00e0 atteindre leur objectif. Dans leurs notes de ce jour-l\u00e0, ils d\u00e9crivent bri\u00e8vement l'itin\u00e9raire suivi, qui passe par le lac de Suyen, les cabanes de Doumblas, la cabane de la Tour de Larribet et le Plan de Larribet. Ils pr\u00e9cisent ensuite qu'il faut encore cinq heures depuis le refuge pour atteindre le sommet et qu'il y a de tr\u00e8s mauvais cols\". Pas d'autres d\u00e9tails.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Revenons-en au Balaitous.<\/h2>\n\n\n\n<p>L'histoire ne s'arr\u00eate pas l\u00e0. L'ann\u00e9e suivante, le 25 ao\u00fbt 1826, Peytier et Hossard retournent au Balaitous avec onze hommes recrut\u00e9s dans la vall\u00e9e. Ils ont pour mission de transporter les lourds instruments topographiques jusqu'au sommet. Cette fois, ils restent au sommet pendant 8 jours, jusqu'\u00e0 ce que la nourriture vienne \u00e0 manquer. C'est au cours de cette exp\u00e9dition qu'ils \u00e9rigent la grande tourelle de pierre, haute de 3 m\u00e8tres et 42 centim\u00e8tres exactement, qui sera la cl\u00e9 de la reconstitution de l'histoire des d\u00e9cennies plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>La descente est dramatique et une partie des instruments topographiques doit \u00eatre abandonn\u00e9e au sommet, si bien que le 10 septembre, Peytier et l'un de ses assistants reviennent une troisi\u00e8me fois, le Balaitous \u00e9tant enneig\u00e9, pour r\u00e9cup\u00e9rer tout le mat\u00e9riel. Une troisi\u00e8me ascension qui s'av\u00e9rera \u00e9pique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mais d'o\u00f9 viennent-ils ?<\/h2>\n\n\n\n<p>Pendant longtemps, l'itin\u00e9raire exact suivi par les g\u00e9od\u00e9siens est rest\u00e9 un myst\u00e8re et l'on s'est m\u00eame demand\u00e9 s'ils avaient r\u00e9ellement atteint le sommet. Le Balaitous n'est pas une montagne simple, ni hier, ni aujourd'hui. Tout changea lorsque, quarante ans plus tard, Charles Packe localisa les vestiges de la tourelle et une partie du mat\u00e9riel abandonn\u00e9 au sommet. Mais on ne sait toujours pas quel itin\u00e9raire a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le myst\u00e8re semble impossible \u00e0 r\u00e9soudre mais, en 1890, de nouvelles preuves apparaissent, le t\u00e9moignage de deux hommes de l'arsenal de Tarbes, dont les p\u00e8res auraient particip\u00e9 \u00e0 la seconde ascension, et qui d\u00e9signent le glacier de N\u00e9ous comme l'itin\u00e9raire le plus probable.<\/p>\n\n\n\n<p>Le myst\u00e8re reste entier jusqu'en 1898, date \u00e0 laquelle Henri Beraldi retrouve les rapports originaux. Ce fut le point de d\u00e9part d'une enqu\u00eate plus exhaustive qui conduisit trois figures c\u00e9l\u00e8bres du pyr\u00e9n\u00e9isme, Henri Brulle, Ren\u00e9 d'Astorg et C\u00e9lestin Passet, \u00e0 partir en 1901 pour explorer tous les recoins du versant nord du Balaitous \u00e0 la recherche de l'itin\u00e9raire suivi par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs 76 ans plus t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p>L'itin\u00e9raire du glacier de N\u00e9ous est \u00e9cart\u00e9. Depuis l'endroit o\u00f9 ils \u00e9taient mont\u00e9s, il n'\u00e9tait ni logique ni habituel pour l'\u00e9poque de traverser le glacier, et encore moins au mois d'ao\u00fbt. Ils ont donc parcouru tout le flanc nord \u00e0 la recherche d'une br\u00e8che apparue dans les revues. Apr\u00e8s une ascension en terrain tr\u00e8s confus, ils atteignent quelques heures plus tard une sorte de col entre le \"petit Balaitous\" (un forcipient connu aujourd'hui sous le nom de Cap Peytier-Hossard) et le Balaitous. Cependant, l'itin\u00e9raire qu'ils suivirent leur parut trop difficile et fut \u00e9galement abandonn\u00e9. Ils atteignent le sommet et c'est en revenant \u00e0 ce col que se pr\u00e9sente la solution, le col cl\u00e9 de l'ascension : la vira Beraldi, du nom d'Henri Beraldi. L'itin\u00e9raire tr\u00e8s certainement utilis\u00e9 par ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs suivait l'ar\u00eate qui s'interrompt au nord de ce qui \u00e9tait alors la \"Petite Balaitous\", la traversant jusqu'\u00e0 trois fois. Cela concorde avec les donn\u00e9es les plus pertinentes du rapport, la br\u00e8che et les 20 minutes pour atteindre le sommet apr\u00e8s les difficult\u00e9s. Le myst\u00e8re \u00e9tait r\u00e9solu.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"6 ao\u00fbt 1825. 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